« Envoyez vos photos » : attention, danger !

Cet appel est soutenu par l’Union des Photographes Créateurs (UPC), FreeLens, le JDL, l’Association Nationale des Iconographes (ANI), le Centre Iris pour la photographie…


Cet appel est soutenu par l’Union des Photographes Créateurs (UPC), FreeLens, le JDL, l’Association Nationale des Iconographes (ANI), le Centre Iris pour la photographie…

La semaine précédant le sommet de l’OTAN à Strasbourg, plusieurs rédactions « web » de journaux ou magazines majeurs incitaient une fois encore les photographes amateurs à leur envoyer des images, afin de les publier sur leurs sites.

Enthousiaste, la jeune X, aspirante photographe, contributrice régulière aux galeries de photo des lecteurs du monde.fr, part sur le terrain avec 3 amis. Malheureusement, ils sont interpellés par la police lors des manifestations du 4 avril... Forte de ses contributions récurrentes au site du monde.fr, elle et ses amis se présentent aux policiers comme journalistes. Ceux ci lui demandent alors de prouver ce qu’elle avance. Évidemment elle n’en a pas la possibilité, car malgré ses parutions web et ses aspirations, elle n’a pas le statut de journaliste professionnelle ! La voici donc menacée de poursuites pour "usurpation de l’identité de journaliste" et embarquée au poste (ce délit, prévu par l’article L.796-1 du Code du Travail, et puni d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 3750 euros, ne peut heureusement pas lui être reproché, puisqu’elle n’a pas produit de fausses pièces justificatives, comme le prévoit la loi).

Alors que la police tente aujourd’hui de saisir les photos et vidéos faites par les journalistes pendant ces manifestations, on peut légitimement penser qu’il en sera de même pour les photographes amateurs qui auront été identifiés, et qui ne disposent pas des mêmes protections légales que les professionnels.

Cette mésaventure est révélatrice de certains risques que font prendre les rédactions web aux amoureux de l’image, en surfant sur leur désir naturel de reconnaissance. Mais cela ne s’arrête pas là !

Les directions de ces rédactions savaient pertinemment qu’il y aurait des manifestations, qu’elles pourraient être violentes, et que des mesures spéciales seraient prises, impliquant une vigilance accrue des forces de l’ordre, qui ne seraient sans doute pas très permissives quant au droit de témoigner dont dispose tout citoyen français.

Les photographes professionnels sont formés à ce genre de situations et disposent de recours et de protections spéciales en cas de « dérapage ». Ils sont accrédités par des organes de presse, disposent souvent de la carte de presse, de l’appui technique et juridique des associations professionnelles au regard des spécificités législatives de la photographie et du droit d’auteur, entre autres.

Ces appels à « envoyer vos photos » sont illégaux et dangereux, mais résultent en plus d’opérations purement marketing, sous couvert de « journalisme citoyen ». Tout d’abord, leurs conditions générales comportent la plupart du temps des clauses illégales, faisant entorse au Code de la Propriété Intellectuelle.

Elles stipulent en effet que le déposant autorise par avance le groupe de presse à toute sortes de diffusions de l’œuvre fournie, sans avoir à lui demander son avis. Les images peuvent ainsi servir non seulement à informer sur le site où elles sont déposées, mais aussi à illustrer tout support de communication de tout autre magazine ou site du même groupe. Quand on connaît un peu l’étendu des groupes propriétaires de ces organes de presse, on imagine aisément les dérives que cela implique et les économies qui en découlent pour les éditeurs. Or en France, le droit protège tous les auteurs, professionnels comme amateurs, leur laissant un droit de regard permanent sur l’utilisation de leurs oeuvres, et il est obligatoire dans les cessions de droit de mentionner de façon détaillée tout les supports de diffusions pour ces oeuvres. Si la photo de votre grand-mère postée à l’occasion d’un appel sur la famille se retrouvait à illustrer un article sur les morts de la canicule, quelle serait votre réaction ?

Ensuite, ces mêmes clauses servent aussi à protéger les éditeurs en cas de poursuites ou de plaintes déposée par une personne photographiée, ou même un organisme public en cas de photo dans un lieu ou c’est interdit. Légalement, l’éditeur est responsable à 50% face à de telles plaintes. Or en signant ces conditions générales, le déposant s’engage à en assumer l’entière responsabilité en cas de procès… Est-il nécessaire de rappeler sur quels montants peuvent porter les peines encourues en pareils cas ?

Enfin, ce que beaucoup d’entre vous pensent n’être qu’un simple acte de témoignage citoyen est en fait basé sur ce que l’on appelle du « marketing participatif ». Ce procédé commercial, bien connu des services de communication des entreprises qui l’utilisent depuis près d’un siècle (« l’Hawthorne effect », 1924), s’est amplement développé depuis l’avènement du web 2.0. Il consiste à utiliser le client pour créer, promouvoir et vendre son produit. En intégrant l’utilisateur dans la phase de conception, il aura le sentiment d’être personnellement lié au produit, et n’en sera donc qu’un meilleur consommateur et promoteur (ses amis aussi passeront voir sa création, etc.). De ce fait, il se rendra plus fidèle à la marque, notamment. Cela va plus loin, puisque même les personnes qui ne participent pas ont ainsi une image positive de proximité de la marque.

Appliquée aux médias, cette pratique consiste entre autre à mettre à disposition des services marketing du groupe un panel de consommateurs gratuit et volontaire, utilisable pour toutes sortes d’études et de justifications commerciales. Ce n’est pas pour rien que le service marketing du groupe l’Express Roularta conseille fortement l’utilisation de cette méthode sur son blog… Enfin, une évolution de cette technique commerciale tend à éviter de publier les meilleurs travaux des utilisateurs, au profit de travaux plus moyens, dans le but d’attirer ceux qui n’ont pas encore franchi le pas de la participation. En effet, si l’on ne montre que de superbes images, par exemple, cela n’incitera pas le novice à envoyer les siennes, pensant qu’il n’a pas le niveau nécessaire pour être sélectionné. Si au contraire, cet « utilisateur non-participant » peut penser qu’il pourrait faire aussi bien, il aura tendance à tenter sa chance. Le groupe gagne ainsi un consommateur de plus…

Alors, vous qui aimez la photographie, et même si vous ne la pratiquez pas pour en vivre, protégez vous et faites la respecter ! Pour commencer, informez vous sur le droit d’auteur, la représentation des personnes et le droit à l’information. Il existe des ouvrages pratiques et spécialisés sur le sujet, les écoles, centres de formations et associations professionnelles organisent régulièrement des sessions de formation d’une journée ou deux parfaitement adaptées.

Méfiez vous des licences Créatives Commons (sur Flickr et autres) qui ne sont pas en accord avec le droit de la propriété intellectuelle. Ce qui a déjà prouvé ses avantages dans le monde du logiciel n’est pas forcément applicable à la photographie

Quand vous participez à un concours, assurez vous que vos droits sont respectés. Passez par les circuits établis et ayant pignon sur rue (revues spécialisées, photo clubs, etc.) et ne vous leurrez pas, si votre objectif est de devenir professionnel, ces concours ne sont pas la garantie d’une quelconque reconnaissance professionnelle et ne sont pas tous bien vus par les services photos de la presse, de l’édition ou de la communication. C’est surtout l’occasion pour vous de travailler votre pratique et votre technique... Par ailleurs, pour l’instant, très peu de publication sur le web ont un vrai service photo, les gens qui sélectionnent vos images ne sont pas iconographes, ne connaissent en général pas ou mal la photo et sa législation, et n’ont souvent aucun rapport avec la rédaction papier du journal… Pour se faire connaître des professionnels, rien ne vaut les rendez vous directs, les festivals et les lectures de book organisées à l’occasion d’événements photographiques... à condition toutefois de se présenter avec un book ou un reportage correctement édité et mis en forme...

Enfin, faites vous payer pour la parution de vos photos ! Tout travail mérite salaire, et en donnant l’habitude aux éditeurs d’utiliser vos images gratuitement, vous contribuez à la baisse du prix des images pour les professionnels, dont c’est la seule activité ! Il existe des barèmes de tarifs en fonction de la taille de l’image et du support de diffusion fixés par les associations de professionnels, un peu comme le SMIC pour les salariés !

Parce qu’amateurs ou professionnels, nous aimons tous la photo, défendons-la coûte que coûte et tous ensemble !

Informez vous, formez vous et défendez vos droits, qui sont aussi les nôtres !

Cet appel est soutenu par l’Union des Photographes Créateurs (UPC), FreeLens, le JDL, l’Association Nationale des Iconographes (ANI), le Centre Iris pour la photographie… Si vous souhaitez vous y joindre, n’hésitez pas nous contacter. N’hésitez pas non plus à le faire circuler un maximum.

Un courrier intitulé « Editeurs, prenez vos responsabilités » a été adressé aux éditeurs et directeurs de rédactions dont nous avons recensé un appel du même genre sur les sites internet, vous pouvez le consulter ici.

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